Formation en pédagogie inclusive
pour les ENSEIGNANTS-ressource novices

Module 1 L'enseignement ressource en contexte inclusif : les fondements

Section 4 -  Les fondements historiques de l’inclusion scolaire

Ce sont les fondements basés sur les évènements de notre HISTOIRE collective qui nous ont menés à l’adoption d’un système scolaire inclusif...

Graphique représentant la place des fondements historiques de l’inclusion scolaire.

Au sujet de l’importance des fondements… et en particulier des fondements historiques, rappelez-vous cette maxime, déjà citée :
« il faut savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va » !
Ainsi, nos efforts d’aujourd’hui pour consolider notre système scolaire inclusif prennent appui sur les efforts de tous ceux et celles qui nous ont précédés…

Raymond Vienneau

TRANSCRIPTION

Avant 1957

Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’avant même l’adoption de sa Loi sur l’enseignement spécial en 1957, le Nouveau-Brunswick avait déjà adopté deux lois relatives aux personnes handicapées, soit une loi prévoyant l’hébergement et la formation des personnes aveugles (1892) et une loi sur les sourds et les sourds-muets (1903).

La Loi sur l’enseignement spécial a permis d’offrir des services éducatifs aux élèves exceptionnels de la province pendant près de 30 ans, soit de 1957 à 1986, l'année de son abrogation. Ces services seront offerts par l’entremise des associations locales de l’Association canadienne de la déficience mentale (ACDM), devenue depuis l’Association canadienne pour l’intégration communautaire (ACIC), dont la composante provinciale est aujourd’hui l’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire (ANBIC).

Les années 1970

Les années 1970 constituent une décennie très riche en évènements; d’une part, de nombreuses initiatives permettront de consolider le système d’éducation spéciale amorcé avec les classes auxiliaires; d’autre part, de nombreux rapports paveront le chemin pour l’inclusion scolaire à venir...

Du côté de l’éducation spéciale, notons au cours de ces années :

  • la création des « classes spéciales » à l’élémentaire (1re à 6e année) et à l’école dite intermédiaire (7e à 9eannée) pour les élèves avec déficience intellectuelle légère ou ayant de très graves retards dans leur scolarisation;
  • l’établissement au secondaire (10e à 12e année) des « niveaux modifiés », soit le niveau 3 et le niveau 4; ce dernier « niveau » sera également connu sous le nom de « cours pratiques » et proposera à ses élèves des cours de charpenterie, mécanique, couture, cuisine, etc.
  • le début des services en « rééducation », services offerts individuellement ou en petits groupes aux élèves de l’élémentaire et du secondaire 1er cycle ayant des difficultés ou des troubles d’apprentissage; les enseignants offrant ces services (services de type pull-out) seront désignés sous le nom de « rééducateurs ».

1972

Le droit de choisir et le droit d’être servi, rapport du comité d’étude sur l’enseignement spécial (Rapport Owens MacLeod), prône la nécessité de conserver l’autonomie des programmes spéciaux à l’échelon local et de permettre aux élèves handicapés de recevoir une éducation.

1973

Du côté institutionnel, signalons, en 1973 : la création du Département d’éducation spéciale à la toute nouvelle Faculté des sciences de l’éducation (les premiers étudiants s’inscriront en septembre 1974);

1974

Cette année a vu la création de la Direction de l’éducation spéciale au MÉNB (il existe également une Direction des services aux élèves).

1975

Loi sur l’enseignement aux handicapés de l’ouïe ou de la vue
Création de la Commission de l’enseignement spécial des provinces de l’Atlantique (CESPA)

Les années 1980

Lancement d’une étude provinciale portant sur la Loi sur l’enseignement spécial.

1982-1983

Le 29 mai 1982

Déclaration du premier ministre du Nouveau-Brunswick, Richard Hatfield, lors de la 25e conférence annuelle de la Division du Nouveau-Brunswick de l’ACDM qui déclare que tous les enfants à besoins spéciaux ont droit à l’éducation et «  promet que son gouvernement intègrera ces enfants dans le système scolaire ordinaire » (Annexe K, du Rapport MacKay 2006 p. 4); il s’agit de la première déclaration officielle en faveur de l’inclusion scolaire.

1983

Publication du Rapport final de l’étude concernant la Loi sur l’enseignement spécial de Claire Correia et Léonard Goguen; ce très important rapport recommande l’abrogation de cette loi et le transfert des services régis par celle-ci à l’intérieur de la Loi scolaire de l’époque.

1985

Abolition de la Direction de l’éducation spéciale et élargissement du mandat de la Direction des services aux élèves (DSÉ). 

1986

18 juin : Mise en place d’un système scolaire inclusif au Nouveau-Brunswick par l’adoption du « projet de loi 85 » qui abroge la Loi sur l’enseignement spécial et modifie la Loi scolaire en conséquence. IMPORTANT : la grande originalité de cette loi consiste dans le fait qu’elle est alors la seule « qui demande la justification de l’exclusion d’un élève exceptionnel d’une classe ordinaire au lieu de son inclusion » (Dumas, 2006, p. 5).

1987

Abrogation de la Loi sur l’enseignement aux handicapés de l’ouïe et de la vue (1975) et fusionnement avec la Loi scolaire du Nouveau-Brunswick; donc, à partir de 1987, une seule loi régira l’ensemble des services éducatifs pour tous les enfants et les jeunes d’âge scolaire.

Les années 1990

1988

Ainsi, à l’été 1988, on verra la création d’un Comité consultatif sur la mise en œuvre de l’intégration scolaire.

1990

Avril : Publication du rapport final du Comité spécial d’élaboration de la politique sociale qui réaffirme l’appui gouvernemental au processus d’intégration scolaire en cours.

Juin : Adoption d’une nouvelle version de la Loi scolaire; l’article 45 deviendra l’article 53(4) mais conserve exactement le même libellé.

« Des élèves à part entière »

1990

Le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick (secteur francophone) produit la vidéo « Des élèves à part entière » d’une durée d’environ 30 minutes.

1991

Guide administratif pour l’éducation des élèves exceptionnels, à l’intention des conseils scolaires du Nouveau-Brunswick (réimprimé en 1993)

1992

L’école à l’aube du 21e siècle : rapport de la Commission sur l’excellence en éducation (Downey-Landry) : prévoit l’attribution de fonds supplémentaires (Programmes éducatifs supplémentaires ou Budget de l’excellence).

1993

Publication du document Roles and Responsibilities of Teaching Assistants (rôles et responsabilités des aides-enseignants).

1994

Publication de Best Practice for Inclusion (pratique exemplaire en matière d’inclusion) (secteur anglophone) afin d’assurer l’uniformité des programmes et des services dans l’ensemble des districts scolaires.

1995-1996

Publication des documents L’école primaire et L’école secondaire au Nouveau-Brunswick (secteur francophone) comprenant des principes directeurs.

1997

Adoption de la nouvelle Loi sur l’éducation; des modifications sont apportées à l’article portant sur le placement des élèves exceptionnels, devenue le paragraphe 12(3).

Les années 2000

Deux documents gouvernementaux importants concernant le système d’éducation publique seront publiés au courant de la première décennie des années 2000, ceci à cinq années d’intervalle et par deux gouvernements d’allégeance politique différente (gouvernement conservateur en 2002, puis libéral en 2007).

2002

Publication du document intitulé Le plan d’apprentissage de qualité dans lequel on retient le but de « stimuler et [d’]appuyer les élèves ayant des besoins particuliers » (p. 33 et 34).

2006

Deux importantes études seront également publiées à six années d’intervalle (2006 et 2012), dans le but : « d’aider le gouvernement du Nouveau-Brunswick à élaborer un énoncé de politique sur l’inclusion scolaire; et de concevoir un modèle de système scolaire efficace, transparent et inclusif qui repose sur une utilisation optimale des ressources humaines et matérielles et qui tire parti de partenariats positifs » (Rapport MacKay, 2006).

2007

Publication du document intitulé « Les enfants au premier plan » dans lequel on retrouve l’engagement de « tenir notre promesse à l’égard de l’inclusion scolaire » et de « donner suite au Rapport MacKay » (p. 21 et 22).

2012

« Réviser et améliorer notre soutien à l’inclusion scolaire qui est un élément clé de notre système d’éducation […] Le mandat concernant l’examen comprend tous les programmes et services qui répondent aux besoins d’apprentissage de notre population scolaire diversifiée […] L’examen a pour but de recueillir de l’information des écoles et des districts ainsi que des intervenants et des partenaires dans le processus éducatif [pour] s’engager dans un processus qui permettra de mettre à jour et d’actualiser notre connaissance des défis auxquels font face les élèves et les enseignants [et cibler] les mesures que nous pouvons prendre afin de mieux réussir à assurer l’inclusion scolaire et à dispenser une bonne éducation pour tous les élèves. »
(Extraits d’un communiqué du ministre Jody Carr, Annexe 1, Rapport Porter-AuCoin, 2012).

2012-2013

« Accroître la sensibilisation au sein du système ».

Embauche d’employés dans des postes stratégiques (p. ex.,directeurs des SAA, coordonnateurs de la lutte contre l’intimidation).

Intégration des services (p. ex., orthophonistes).

Mutation au ÉDPE des orthophonistes et des travailleurs sociaux.

Mise en oeuvre du document de l'équipe stratégique scolaire.

2013-2014

« Optimiser la capacité collective ».

Embauche des coordonnateurs en inclusion pour assurer le perfectionnement professionnel.

Signature de la Politique sur l'inclusion scolaire (322) et révision de la Politique Milieu Propice à l'apprentissage et au travail (703).

Mise en œuvre des documents contenant les lignes directrices sur les services d'appui à l'apprentissage.

2014-2015

« Assurer la viabilité du système ».

Version imprimable

Vous avez probablement constaté d’importantes différences entre les pratiques actuelles et le vocabulaire employé à cette époque; ainsi, dans les années 1970 et 1980, on parle encore d’arriération mentale au lieu de déficience intellectuelle... ATTENTION! Ce ne sont pas des changements cosmétiques. Autant le terme « arriération » que l’adjectif « mentale » ont des connotations négatives. Par exemple, parlerait-on d’une arriération visuelle pour désigner quelqu’un qui a une déficience visuelle? En ce qui concerne l’adjectif mental, rappelons que ce terme est associé au fonctionnement psychique des personnes et possède une connotation négative (ex. : maladies mentales).

Éduc@Trousse

En tant qu’enseignant-ressource, vous avez un rôle important à jouer dans le choix de mots respectueux pour désigner les élèves de votre école qui ont un handicap ou qui sont en des difficultés.

Éduc-Options

Éduc-et-Notes

  1. Quelles sont d’après vous les principales valeurs et croyances sur lesquelles repose l’inclusion scolaire?
  2. Pourquoi les fondements scientifiques sont-ils considérés comme étant si importants par certains gestionnaires de l’éducation?
  3. D'’après vous quels sont les effets de l’inclusion scolaire sur l’apprentissage et sur le développement social des élèves « inclus » et des autres élèves des classes ordinaires?